Choisissez un tour CNC à banc plat en fonction de la configuration d’usinage complète, et pas seulement de la longueur totale de l’arbre. Une machine offrant une distance nominale entre pointes suffisante peut néanmoins manquer d’espace pour un mandrin, une pointe, l’approche de l’outil ou la position requise de la contre-pointe. Commencez par la pièce la plus longue et la plus lourde, puis vérifiez le dégagement réel et le soutien nécessaire pour chaque opération.
Pour les arbres longs, le facteur limitant est souvent la rigidité plutôt que la capacité théorique. Un tour peut accueillir physiquement une pièce sans pouvoir maîtriser la flexion, les vibrations ou la conicité dans les conditions de coupe requises. La meilleure configuration est donc celle qui permet de recevoir l’arbre et de soutenir le processus prévu.
La distance entre pointes constitue un point de départ utile, mais elle correspond à une mesure précise entre les pointes de la broche et de la contre-pointe. Elle ne représente pas automatiquement la longueur disponible pour toutes les configurations de serrage. Un arbre serré dans un mandrin et soutenu par une pointe de contre-pointe occupe la machine différemment d’un arbre entraîné entre pointes.
Pour la pièce la plus longue, représentez la configuration de l’extrémité de la broche jusqu’à la contre-pointe. Tenez compte du mandrin ou du dispositif d’entraînement, de la longueur serrée, de toute saillie de la pièce, de l’engagement de la pointe et de l’espace nécessaire pour positionner les outils. Si l’opération comprend un dressage, un filetage ou un usinage près de l’une ou l’autre extrémité, vérifiez que l’outil et son porte-outil peuvent atteindre ces surfaces sans entrer en collision avec le mandrin, la contre-pointe ou le support.
Comparez également la longueur de coupe requise à la course longitudinale du traînard. Un arbre peut tenir entre pointes alors qu’une surface proche d’une extrémité reste hors de la course utile de l’outil. Demandez au fournisseur de la machine un plan de configuration indiquant le mandrin, la contre-pointe, le porte-outil et la pièce aux positions extrêmes prévues.
Le diamètre de tournage au-dessus du banc indique le plus grand diamètre pouvant théoriquement tourner au-dessus du banc. Cela ne garantit pas que ce même diamètre passera au-dessus du traînard, du chariot transversal, du porte-outil ou de la lunette. Comparez le diamètre maximal de la pièce au dégagement disponible à chaque endroit où elle doit passer, y compris au niveau des épaulements, des brides et des dispositifs temporaires de manutention.
Pour un arbre étagé, le plus grand diamètre peut se trouver près du mandrin, tandis que la partie située au-dessus du traînard est plus petite. La configuration peut alors convenir, à condition que l’outil puisse atteindre les surfaces requises sans interférence. À l’inverse, une grande bride peut empêcher le déplacement du traînard même si le diamètre principal de l’arbre est modeste.
Vérifiez également la masse de la pièce, en plus de son diamètre. Une ébauche longue peut exercer des charges importantes sur le mandrin, les paliers de broche, la contre-pointe et les équipements de manutention. Les limites de charge de la machine et des accessoires doivent être adaptées à la pièce dans son orientation réelle et avec son dispositif de soutien, et pas seulement à ses dimensions finies.
À mesure que la longueur non soutenue augmente par rapport au diamètre, l’arbre devient plus susceptible de fléchir sous son propre poids et sous l’effet des forces de coupe. La déformation peut entraîner une conicité, des diamètres irréguliers, du broutage ou un mauvais état de surface. L’enlèvement de matière peut rendre la pièce plus flexible au cours de l’usinage ; le montage utilisé pour l’ébauche n’est donc pas nécessairement adapté à la finition.
Une pointe de contre-pointe soutient l’extrémité libre, mais n’élimine pas la flexion au milieu d’un arbre long et élancé. Selon la géométrie et le procédé, une lunette intermédiaire peut être nécessaire. Une lunette fixe soutient la pièce à une position donnée sur le banc ; une lunette à suivre se déplace avec le traînard et soutient l’arbre près de la zone de coupe. Le choix dépend de la surface usinée, des diamètres disponibles pour le soutien et du risque que la lunette gêne certaines surfaces ou la course de l’outil.
Les surfaces de soutien doivent être prévues. Une lunette peut nécessiter une portée cylindrique préparée et suffisamment ronde avant de pouvoir soutenir une pièce moulée brute, une pièce forgée ou une ébauche irrégulière. Vérifiez que la plage de serrage de la lunette correspond au diamètre de l’arbre à chaque position prévue, et prévoyez l’accès nécessaire au réglage et à la lubrification. La lunette, la contre-pointe et l’outil de coupe doivent également pouvoir occuper simultanément les positions prévues.
Le centrage et la force de soutien sont importants. Une pression excessive de la contre-pointe peut déformer une pièce élancée ou accroître l’échauffement ; un soutien insuffisant peut permettre son déplacement. Pour les tolérances serrées, discutez de l’ensemble de la séquence avec le fournisseur, notamment des points de soutien de l’arbre pendant l’ébauche et la finition, ainsi que de la méthode de contrôle.
L’alésage de broche est important lorsque la barre ou une partie de l’arbre doit passer à travers la broche. Comparez l’alésage et le passage complet dans le mandrin installé, le tube de traction et tout autre composant interne au diamètre de la barre. Un grand alésage de broche ne garantit pas, à lui seul, un passage dégagé.
Si l’arbre est entièrement serré devant la broche et soutenu par la contre-pointe, le diamètre d’alésage peut être moins déterminant. Dans ce cas, il faut accorder une attention particulière à la capacité du mandrin, à la longueur de serrage, au contact des mors, à la masse admissible de la pièce et à la charge sur la broche. Un arbre lourd qui dépasse du mandrin peut solliciter la machine de manière très différente d’une pièce courte de même diamètre.
Tenez compte de la vitesse et du couple de broche en fonction de l’opération. L’ébauche d’un arbre en acier de grand diamètre exige une combinaison de force de coupe et de vitesse différente de la finition d’un arbre élancé. Le mandrin, les mors et toute barre en saillie ont également des limites de vitesse. Dimensionnez l’entraînement et le système de serrage en fonction des coupes et des vitesses de fonctionnement prévues, plutôt que de vous baser uniquement sur la puissance du moteur de broche.
Deux arbres de dimensions similaires peuvent nécessiter des machines différentes. Une section rigide soutenue sur une courte longueur et répondant à des tolérances généreuses peut être usinée avec une configuration plus simple. Un arbre élancé soumis à des exigences strictes de diamètre, de rectitude ou d’état de surface peut nécessiter un soutien supplémentaire, des passes de finition plus légères et un contrôle plus précis de la chaleur et des forces de coupe.
L’état du matériau compte également. Une ébauche irrégulière peut provoquer des coupes interrompues et des charges variables ; les contraintes résiduelles peuvent entraîner des déformations lors de l’enlèvement de matière. Tenez compte de l’état réel de l’ébauche et de la séquence d’usinage pour évaluer la rigidité et la puissance disponible. Une machine dimensionnée uniquement en fonction de l’arbre fini peut être sous-dimensionnée pour l’ébauche brute.
Le volume de production influe sur l’économie de la configuration. Pour des travaux occasionnels, une configuration plus longue et des vitesses de coupe modestes peuvent convenir. Une production répétitive peut justifier des mors dédiés, un réglage pratique de la lunette, une évacuation des copeaux adaptée et une configuration évitant les repositionnements inutiles. Vérifiez également que la longueur du banc et l’agencement de l’atelier permettent un accès pratique pour le chargement, le déchargement et la maintenance.
Les travaux de fabrication connexes doivent être distingués des spécifications du tour. Par exemple, une perceuse magnétique VD23E portative peut être utile pour percer des structures en acier adaptées autour d’une installation de machine, mais elle ne remplace pas les capacités du tour en matière de soutien ou d’usinage d’arbres.
Une recommandation pertinente doit s’appuyer sur un plan de pièce et un procédé envisagé, et non sur une seule mesure de longueur. Indiquez les arbres les plus longs et les plus courts, le diamètre maximal à l’état brut, les diamètres finis, le matériau, la masse de l’ébauche, les tolérances et les exigences d’état de surface. Précisez quelles surfaces doivent être usinées en un seul montage et quelles surfaces nécessitent un accès près des extrémités.
Indiquez la méthode de serrage prévue, si la barre doit passer à travers la broche, les tailles de lots attendues et les moyens de levage disponibles. Demandez au fournisseur de présenter l’enveloppe de travail avec le mandrin, la contre-pointe et les lunettes sélectionnés installés, et de préciser les positions de soutien et la course de coupe pour la pièce la plus exigeante.
Comparez les offres en fonction de cette configuration complète. Un banc plus long ou une capacité de tournage supérieure présente peu d’intérêt si le traînard ne peut pas atteindre une surface, si la lunette ne peut pas serrer la portée disponible ou si la broche et le système de serrage ne peuvent pas supporter l’ébauche sous la charge de coupe prévue.